Le secteur de la cybersécurité est en plein craquage : avec 23 000 offres d’emploi par an et une pénurie de bras, les entreprises s’arrachent les profils formés.
Pourquoi tout le monde veut bosser dans la cyber ?
C’est simple : le monde numérique explose et les pirates avec. Que ce soit pour protéger un hôpital, une banque ou une application de rencontre, les besoins sont partout. Selon l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), les offres d’emploi ont bondi de 49 % en cinq ans. On ne parle plus seulement de « réparer des PC », mais de véritable stratégie de défense nationale.
Le plus beau dans l’histoire ? Le salaire. Un jeune diplômé à Bac+5 peut espérer entre 40 000 € et 45 000 € brut par an dès son premier poste. Certains métiers comme le DevSecOps ou le chef de projet infra ont même vu leurs rémunérations grimper de plus de 12 % en un an. C’est l’un des secteurs les plus rémunérateurs de l’informatique actuelle.
« La cybersécurité se positionne parmi les secteurs les plus rémunérateurs de l’informatique, reflet de la pénurie de compétences et de la valeur stratégique de ces métiers. » — Observatoire de l’ANSSI.
Bac+2 à Bac+5 : quel parcours pour quel job ?
Pas besoin d’être un génie des maths pour commencer, même si une base scientifique aide énormément. Le marché est structuré en plusieurs paliers, et chaque niveau de diplôme ouvre des portes différentes.
Le palier technique (Bac+2 / Bac+3)
C’est ici qu’on apprend les bases : réseaux, systèmes et premiers réflexes de défense. Si vous voulez être sur le terrain rapidement, c’est la voie royale.
- BTS CIEL : Le nouveau chouchou (Cybersécurité, Informatique et réseaux, Électronique) pour l’immersion technique.
- BTS SIO (option SISR) : Parfait pour devenir administrateur systèmes et réseaux.
- BUT Informatique ou Bachelor : Trois ans pour devenir Opérateur analyste SOC ou chargé de conformité.
Attention toutefois : si le Bac+3 permet de mettre un pied dans la porte, les recruteurs privilégient de plus en plus le Bac+5 pour les postes à responsabilités. Si vous vous arrêtez à la licence, il faudra bétonner votre CV avec des certifications techniques comme la Security+ ou le CEH (Certified Ethical Hacker).
L’expertise stratégique (Bac+5 et plus)
C’est le « Gold Standard ». 62 % des professionnels en poste ont un Bac+5. C’est ici que vous accédez aux métiers de conception et de conseil.
- Écoles d’ingénieurs : Les classiques (EPITA, Télécom Paris, CentraleSupélec) restent des valeurs sûres pour la polyvalence.
- Masters universitaires : Idéal pour ceux qui veulent une approche théorique solide et de la recherche.
- Écoles spécialisées : Des nouveaux acteurs comme Guardia ou Cybersup proposent des cursus 100 % cyber dès la 3e année, souvent très portés sur la pratique et l’alternance.
Les métiers qui recrutent (et ce qu’on y fait vraiment)
Oubliez l’image du mec en capuche dans une cave sombre. La réalité est bien plus variée. L’ANSSI recense près de 30 métiers classés en grandes familles. Voici le top des recherches actuelles :
- L’Architecte Cybersécurité (21 % des offres) : C’est le bâtisseur. Il conçoit des systèmes imprenables dès le départ.
- Le Consultant (15 % des offres) : Il analyse les risques des entreprises et leur dit comment se protéger.
- Le Hacker Éthique (Pentester) : Son job ? Attaquer légalement son client pour trouver les failles avant les vrais méchants.
- L’Analyste SOC : C’est la tour de contrôle. Il surveille les alertes en temps réel et réagit dès qu’une intrusion est détectée.
L’alternance : le « Cheat Code » pour réussir
Si vous avez peur de la théorie pure, l’alternance est votre meilleure amie. Non seulement elle finance vos études (souvent chères en école privée), mais elle règle le problème n°1 des juniors : le manque d’expérience. Le marché de la cyber est un peu paradoxal : il y a une pénurie, mais les recruteurs sont exigeants et préfèrent les profils qui ont déjà « touché à la machine ».
« L’alternance est un game-changer. Elle vous donne cette expérience terrain que réclament les recruteurs et permet de financer intégralement sa formation. » — Source Cybersup.
En entreprise, vous serez confronté aux réalités du métier : gérer le stress d’une attaque, expliquer des concepts techniques à un patron qui n’y connaît rien (la fameuse « vulgarisation »), et rester à jour face à des menaces qui changent toutes les semaines. C’est ce mélange de technique et de « soft skills » qui fera de vous un expert indispensable.
Les filles, la cyber a besoin de vous !
Petit point noir au tableau : la mixité. Aujourd’hui, seulement 14 % des étudiants en cybersécurité sont des femmes. C’est trop peu, surtout que le secteur ne demande qu’à se féminiser. Les recruteurs cherchent activement des profils variés pour apporter d’autres perspectives sur la gestion de crise et la stratégie. Si vous hésitez, sachez que les opportunités de carrière et les salaires sont exactement les mêmes, et que votre profil sera ultra-recherché dès la sortie de l’école.
Quelles compétences pour se lancer ?
Au-delà du code et des réseaux, il faut avoir un certain état d’esprit pour durer dans ce milieu :
- La curiosité : Les technologies évoluent chaque jour (IA, Cloud, Quantique), il faut aimer apprendre.
- L’éthique : Vous aurez les clés de la maison. Une moralité irréprochable est obligatoire.
- Le sang-froid : Quand un serveur tombe ou qu’une attaque est en cours, il faut savoir agir sans paniquer.
- Le sens du collectif : On ne gagne jamais seul contre les hackers, le travail d’équipe est la clé.
Que vous visiez un diplôme d’ingénieur prestigieux ou une licence pro ultra-pratique, la cybersécurité est sans doute l’un des meilleurs investissements pour votre avenir. Le risque de chômage est quasi nul, et l’intérêt des missions est infini.








